le-gamin-a-velo-rencontre-femmeCyril cherche également son vélo, celui que son père lui a offert puis mis en vente en même temps que sa moto, lorsqu’il rencontre par hasard Samantha.

Une coiffeuse seule, sans enfant, qui rachète le vélo et se charge d’être famille d’accueil pour lui les fins de semaine.

Face à la demande pressante du jeune, elle l’emmène voir son père qui lui signifie d’une manière brutale qu’il l’a rayé de sa nouvelle vie et ne veut plus le voir.

Cyril ne réalise pas tout de suite combien Samantha est importante. D’ailleurs il n’hésite pas à la malmener, comme une façon d’exulter sa souffrance. Imperturbable, elle lui offre sa présence.

C’est une rencontre essentielle, réparatrice même, pour lui.

De son côté à elle, le film nous laisse avec cette question mystérieuse : pourquoi est-elle touchée par cet enfant au point de vouloir remplacer la fonction parentale manquante ?

Ce film se définit par sa force et sa simplicité.

En identification à l’enfant meurtri, le spectateur assiste à la sentence et ressent la douleur mortelle du rejet.

C’est une sorte de conte initiatique. Il nous parle de désenchantement. Il nous parle sans détour du travail psychique de deuil que Cyril devra opérer pour rester debout.

Il raconte le long et tortueux chemin qui mène à l’acceptation de la réalité aussi dure soit-elle mais aussi à l’acceptation de l’autre.

C’est grâce à la patience, au soutien quasi inconditionnel, à la capacité de contenance et à la solidité de Samantha que Cyril va peu à peu ouvrir les yeux, renoncer à son père réel, transformer sa violence et accepter la tendresse que lui offre Samantha.