« Ce que tu as enterré sous un arbre, c’est ton fils qui le trouvera » proverbe africain.

Dans cette citation se trouve tout le travail de transmission d’une génération à une autre, le plus souvent à notre insu.

Dans cet héritage des deux lignées de chaque individu, se trouve ce qui n’a pas pu se dire, qui est resté enfoui car trop douloureux comme par exemple les secrets, ruptures et deuils, l’exil, le déracinement, le traumatisme de la guerre etc.

C’est tout le travail du trans-générationnel avec l’espoir que l’individu qui reçoit cet héritage puisse le traiter, l’élaborer. Donc la mission de la famille, c’est de transmettre. Celle des sujets, c’est de se l’approprier.

S. Freud nous dit « l’individu est à lui-même sa propre fin et le maillon d’une chaîne à laquelle il est assujetti contre sa propre volonté… ».

Ce serait le paradoxe auquel tout sujet est confronté : s’épanouir, se développer et aussi être inscrit dans une lignée familiale avec son histoire, ses zones d’ombre, ses non-dits, etc.

Ce travail de transmission s’actualise à travers la parentalité, nous dit Albert Ciccone.

Dès sa naissance, le bébé est soumis à un héritage au regard de l’investissement des parents. Il a en quelque sorte une mission, celle d’assurer la continuité de la génération. En échange, il sera reconnu par le groupe.

« Il devra accomplir tous les rêves et désirs que les parents n’ont pas mis à exécution du fait des contraintes imposées par la réalité, réussir ce qu’ils n’ont pas pu faire ». « Sa majesté le bébé » disait S. Freud car ce nouveau-né est porteur d’espoir.

Cet enfant a une deuxième mission, celle de réparer les blessures, les frustrations, les échecs de ses parents. Il aura à soigner parfois l’enfant blessé, pas suffisamment aimé, délaissé, en détresse qui est resté à l’intérieur du parent.

L’enfant a le désir de voir ses parents heureux. Il va donc se montrer le meilleur afin qu’ils se sentent de bons parents et aimés.

Il s’agit en fait pour le parent d’être à l’écoute des besoins de son enfant tel qu’il est, avec sa propre personnalité et non de répondre à un désir illusoire de combler le passé par procuration.

Ce sera, à un moment donné, le travail du sujet de prendre conscience de la place qu’il a dans la dynamique familiale comme celle par exemple de sauver ses parents, faire le tri entre ce qui lui revient et dont il en accepte la charge et ce qu’il faudra qu’il laisse de côté pour avancer plus librement.