berge de lac

 

La relation amoureuse est très importante dans notre société.

Dans un monde de pression sociale et de compétition exacerbées, le couple et l’amour deviennent comme un havre de paix.

C’est un peu le lieu où l’on se répare des vicissitudes de la vie, un refuge, ce qui explique le surinvestissement du conjugal.

Nous aspirons tous à fusionner, à nous faire plaisir et à être en sécurité affective.

C’est propre à l’humanité.

 

L’autre moitié de soi

Dans l’élan amoureux, fondateur du couple, l’autre est parfait. Il comble nos désirs. C’est un état idyllique qui exclue tout conflit où chacun essaie de correspondre aux désirs de l’autre, où les différences et les oppositions sont gommées.

Les deux partenaires ont le désir de se fondre l’un dans l’autre.

Les mots sont forts : On parle d’ailleurs de folie amoureuse, on « tombe amoureux », comme si c’était indépendant de notre volonté, il y a quelque chose de magique qui évoque les contes de fées : un prince charmant qui vient réveiller une belle endormie… un peu comme la réalisation d’un rêve.

Un rapprochement est fait avec la relation mère/bébé : cette relation unique du bébé in utero qui n’a même pas à exprimer ses besoins, il est nourri par le cordon, il flotte dans le liquide amniotique, il se fait plaisir en suçant son pouce. Il ne lui manque rien. Ces sensations resteront gravées à jamais dans notre mémoire et l’individu aura toute sa vie la nostalgie de ce paradis perdu.

Dans le couple amoureux, il y a la nécessité de se constituer une enveloppe protectrice, un une intimité. Les deux amants disent d’ailleurs : « Toi et moi ne faisons qu’un« , « Je te reçois 5/5« , « Dans tes bras je me sens protégée« , « C’est comme si je le connaissais depuis toujours« .

C’est comme une bulle de bonheur. Il y a quelque chose d’unique. L’autre est mis sur un piédestal.

Trop beau pour durer ?

C’est la lune de miel, ce temps qui n’existe que grâce à l’idéalisation. Ne voir chez l’autre que ce à quoi nous aspirons.

Il n’y a pas de rencontre amoureuse sans cette forme de surévaluation du partenaire, cette phase qui s’appuie sur une vision enjolivée de la réalité, comme si les défauts de l’autre étaient mis de côté…

La fonction du couple est d’assurer le sentiment d’exister, c’est une réassurance narcissique.

Aucun être humain n’est confirmé assez profondément de sa valeur propre, de son estime de soi pour pouvoir se passer d’un autre pour le confirmer.

Dans ce moment merveilleux, on se sent reconnu, important aux yeux de l’élu, en confiance, heureux, euphorique, on ne pense qu’à l’autre, on est dans un état second même.

Ce qui n’empêche pas les peurs de souffrir, d’échouer, d’être rejeté, d’être dépendant, envahi, de ne pas être prêt.

Il y a à la fois un désir de se laisser aller, d’y croire, et des peurs.

C’est trop beau, ce ne peut pas être pour moi. Il y a ce temps de la séduction qui nourrit le désir et l’attirance physique et ce temps de doute : et si l’autre ne m’aimait pas, si j’allais être éconduit jusqu’à la déclaration.